François Bayrou est toujours de la partie dans ce deuxième tour, même si son débat contradictoire avec Ségolène Royal n’aura pas
lieu : après le refus du Syndicat de la Presse quotidienne régionale de transformer en débat avec François Bayrou un forum devant la presse régionale auquel Mme. Royal participait
aujourd’hui, Canal+ a à son tour refusé de l’organiser en raison des règles d’égalité édictées par le CSA.
Nicolas Sarkozy a qualifié pour sa part de « tragi-comédi un petit peu ridicule » l’idée d’un débat entre la
candidate PS et le Président de l’UDF. Dans l’émission « Face à la une » le 25 avril, il a ainsi expliqué : « Sur les 44,5 millions
d’électeurs, 21 millions ont voté pour Madame Royal et moi en nous mettant aux deux première places. Quand il y a une finale de football, c’est entre le numéro un et le numéro deux
qu’elle se joue, le numéro trois n’en fait pas partie. Il faut avoir de la clarté. Dans l’urne le 6 mai, il y aura un bulletin Royal et le mien, il n’y aura pas de bulletin de Bayrou. S’il veut
que nous dialoguions ensemble pas de problème, je l’écouterai volontiers. Mais je n’aurai pas de débat contradictoire avec lui. Le débat contradictoire, je l’aurai avec Madame
Royal ». Quoi de plus logique ?
André Santini (UDF), quant à lui, qui a soutenu Nicolas Sarkozy dès avant le 1er tour, a estimé sur Canal+ que
le débat envisagé entre Ségolène Royal et François Bayrou était « anti-démocratique et même anticonstitutionnel ».
Soulignons que François Hollande ne sait plus sur quel pied danser : dans le Figaro d’hier, il affirmait que pour
lui, « le dialogue avant François Bayrou, [c’était] fini » (…) « Il n’y a pas de négociation à avoir avec l’UDF et pas de majorité avec François Bayrou ». Or
aujourd’hui, en raison de l’annulation du débat certainement, il affirme qu’il « pourrait avoir lieu dans la presse écrite ». Faudrait savoir …
Enfin, c’est une situation habituelle au PS depuis quelque temps, de ne plus savoir qui dit quoi, de revenir sur ses
déclarations … en témoigne l’article, toujours du Figaro d’hier, qui révèle un nouveau couac dans le parti : « Plusieurs responsables étaient intervenus pour protester contre la
nouvelle stratégie de la candidate en direction de l’UDF. Pour eux, Royal a commis une « erreur d’analyse » en voulant faire « un coup ». Ils critiquent sa proposition
d’envisager la nomination de ministres UDF. (…) Personne n’avait été informé, s’agace-t-on au PS. »
Mais il n’y a pas qu’au PS qu’on s’agace … le PC, les Verts et les trotskistes critiquent eux aussi l’ouverture au centre
de Royal.
Pour clore le chapitre du débat, François Fillon, invité de BFM ce matin, a affirmé que « François Bayrou doit
certainement mentir » quand il dit avoir la « certitude » que Nicolas Sarkozy a exercé des pressions pour empêcher la tenue de ce débat. Il le qualifie
d’ailleurs de « coup médiatique monté par François Bayrou »
Nicolas Sarkozy quant à lui dit ne pas lui en vouloir : « Je mets ça sur le compte de
l’amertume »
Pour finir, le point sur les derniers ralliements : le député de Côte d’Or, François Sauvadet, porte-parole de
l’UDF, a annoncé aujourd’hui qu’il voterait pour le candidat de l’UMP au second tour lors d’une conférence de presse à Vitteaux, commune dont il est maire : « Je ne voterai pas
pour Ségolène Royal. Elle est soutenue par les mouvements d'extrême-gauche, et cela me choque ».
Plus étonnant, Philippe de Villier a publié un communiqué le 25 avril : J'ai entendu aujourd'hui la neutralité stratégique et politicienne de François Bayrou qui sonne comme une offre de services à la candidate socialiste
(…)
J’invite les Français à faire le choix de la droite et de Nicolas Sarkozy pour barrer la route à la gauche
(…)
Malgré les différences évidentes qui existent avec le programme du président de l'UMP, il ne veut pas "faire la politique du pire" et "refuse depuis toujours les alliances électorales
contre-nature.